Loin du camp des Vampires, dans une énorme forteresse protégée par d’énormes remparts et par des milliers de soldats armés jusqu’aux dents, l’homme qui s’occupait des communications lisait une lettre qu’un messager venait de lui confier, et ses yeux s’écarquillaient de stupeur au fur et à mesure qu’il lisait. Lorsqu’il l’eut relue plusieurs fois, il s’affala sur sa chaise en pensant à plein de choses en même temps, sur ce qu’expliquait la lettre, ce qu’elle demandait et comment il devait réagir.
Il resta ainsi plusieurs minutes, puis il prit enfin une décision. Tant pis si cette visite était aussi imprévue, mais la situation était grave. Il se leva et quitta son bureau, s’engagea dans une multitude de couloirs dans lesquels tout nouvel arrivant se perdait, prit les escaliers jusqu’au dernier étage de l’immense bâtiment et arriva enfin devant la porte. Il s’arrêta pour remettre ses idées en ordre et s’aperçut que son cœur battait à tout rompre. Il inspira une grande bouffée d’air pour se calmer, toqua à la porte et entra.
Ce qu’on lui avait raconté sur le Grand Chef était on ne peut plus vrai : la salle était plongée dans une semi obscurité, à peine éclairée par quelques bougies ici et là, et on y voyait à grand peine. Il ne manquait plus que des crânes un peu partout sur le sol et les meubles et on se serait cru dans la chambre d’un nécromancien ou autre démoniste. Quant au Chef lui-même, il complétait à merveille l’atmosphère d’inquiétude qui se répandait de la salle, car il était entièrement enveloppé d’une cape noire, et on ne pouvait voir que sa silhouette dans le noir.
“ – Tu sais que les visites non prévues à l’avance sont sévèrement punies à moins d’avoir une bonne raison, dit le Grand Chef d’une voix grave et calme, mais terriblement inquiétante.
– O-oui M-maître, bégaya le responsable des communications qui aurait préféré combattre un dragon en ce moment même, j-justement, j’ai qu-quelque chose qui, j-je pense, est important... ”
Il s’avança à petits pas et tendit la lettre à la silhouette qui la prit, et il sentit l’atmosphère glacée qui se dégageait du Chef. Terrifié, il s’empressa de reculer.
Pendant le temps que l’ombre lisait la lettre, le pauvre homme regardait ses souliers, n’osant pas lever la tête pour regarder son interlocuteur, dont il craignait d’ailleurs qu’il entende les battements sourds de son cœur. Le Chef reprit alors la parole :
“ – Bien, effectivement cette missive est d’une grande importance, ainsi tu ne subiras aucun châtiment (l’autre soupira de soulagement). Maintenant reprends cette lettre et va voir le général de l’armée numéro 3, et dis-lui d’apporter de l’aide à cette base. Code d’attaque 113. Pars vite, j’ai d’autres affaires urgentes à régler. ”
L’homme s’empressa d’obtempérer, et se dirigea vers la caserne de l’armée numéro 3, en se promettant de ne plus jamais remettre les pieds dans le bureau du Chef des Chasseurs de Vampires.
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